Un projet suisse de 144 milliards FCFA peut-il révolutionner la santé au Cameroun ?
- wilfriedfrancky
- 9 mai 2025
- 3 min de lecture
Le Cameroun face à une offre sanitaire historique venue de Suisse

C’est une proposition qui pourrait redessiner le paysage médical du Cameroun : la société helvétique Medical Supply Company of Switzerland (MSCS) a présenté un vaste projet d’investissement dans le secteur de la santé camerounais, à hauteur de 250 millions de dollars, soit environ 144 milliards FCFA. Cette annonce a été faite lors d’une audience accordée le 30 avril 2025 à Yaoundé par le ministre de la Santé publique, Dr Malachie Manaouda, au président de MSCS, Marco Illy.
Un plan ambitieux : des cliniques mobiles aux hôpitaux modulaires
L’offre de MSCS ne se limite pas à un simple financement. L’entreprise propose un véritable plan de modernisation sanitaire, articulé autour de plusieurs infrastructures innovantes :
10 cliniques mobiles installables en seulement huit semaines, destinées à desservir les zones reculées ;
Des hôpitaux modulaires de moins de 50 lits, construits à partir de conteneurs, offrant souplesse et rapidité d’implantation ;
Et un hôpital moderne de 350 lits, livré clé en main, répondant aux normes internationales.
L’objectif est clair : étendre la couverture sanitaire, notamment dans les zones sous-médicalisées, et accroître la capacité d’accueil à hauteur de 6,5 millions de patients supplémentaires.
Un investissement aux retombées massives
Au-delà de l’impact sanitaire, MSCS mise sur des retombées socio-économiques majeures : près de 12 000 emplois directs pourraient être créés dans le cadre de la mise en œuvre du projet. Ce chiffre englobe les métiers de la construction, de la logistique, ainsi que le personnel soignant qui serait nécessaire pour faire fonctionner ces nouvelles structures.
Des inquiétudes sur l’intégration locale du projet
Cependant, cette proposition, aussi prometteuse soit-elle, soulève des interrogations. Plusieurs professionnels et étudiants du domaine de la santé ont exprimé des réserves.
Reine Mika, étudiante en médecine à Yaoundé, partage son doute :
“Avoir de nouvelles structures, c’est important. Mais si on ne forme pas plus de médecins et d’infirmiers camerounais, qui y travaillera ? Il ne faudrait pas que ces hôpitaux soient dépendants de personnels étrangers.”
Même son de cloche du côté de Samira, aide-soignante à Bafoussam :
“Avant de construire du neuf, il faut d’abord régler les problèmes dans les hôpitaux existants. Le manque de matériel, de médicaments, les grèves... tout cela reste non résolu.”
Trois options de financement sur la table
Pour concrétiser ce projet, la société MSCS propose trois schémas de financement au gouvernement camerounais :
Un prêt concessionnel sur 20 ans, avec des conditions allégées ;
Un partenariat public-privé, où l’État camerounais et l’entreprise gèrent ensemble les structures ;
Un modèle d’investissement progressif, permettant au Cameroun d’acquérir les infrastructures par étapes.
Ces différentes options laissent au gouvernement une marge de manœuvre pour choisir la formule la plus adaptée aux enjeux budgétaires actuels.
Une décision cruciale pour l’avenir du système de santé
Le Cameroun est à un tournant stratégique. Alors que le pays cherche à moderniser son système de santé tout en renforçant la formation locale, ce partenariat potentiel avec MSCS pourrait accélérer la transformation sanitaire. Mais encore faut-il que l’investissement réponde aux besoins réels du terrain, et ne vienne pas seulement s’ajouter à des structures existantes en crise.
La décision des autorités est attendue dans les prochaines semaines. Elle pourrait bien marquer un changement historique pour l’accès aux soins au Cameroun.










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