Révolte à Kalfou : un sous-préfet retenu en otage par la population en furie
- wilfriedfrancky
- 7 avr. 2025
- 2 min de lecture
Une localité en ébullition

Kalfou, paisible commune nichée dans le département du Mayo-Danay, région de l’Extrême-Nord du Cameroun, est depuis quelques jours le théâtre d’une profonde crise entre la population locale et les autorités administratives. Ce samedi, la tension a franchi un nouveau seuil : le sous-préfet de l’arrondissement a été séquestré par des habitants en colère, marquant un tournant inquiétant dans les rapports entre gouvernés et gouvernants.
Une colère populaire attisée par la création d’un marché de bétail
À l’origine de cette crise, la décision des autorités locales de créer un nouveau marché de bétail dans la zone. Une décision vivement contestée par les riverains, qui y voient une mesure prise sans concertation, aux conséquences économiques et sociales encore floues. Selon plusieurs sources sur place, les habitants de Kalfou ont massivement investi la brigade de gendarmerie où s’était réfugié le sous-préfet, refusant de le laisser sortir.
Un climat déjà tendu dans la région
Ce mouvement de colère s’inscrit dans une série de protestations similaires survenues récemment dans la localité voisine de Moulvoudaye. Là aussi, la mise en place d’un marché de bétail avait suscité de vives réactions. À Kalfou, le ressentiment s’est accumulé au fil des jours, pour exploser brutalement le week-end dernier. « On sentait que la situation pouvait dégénérer, mais personne ne s’attendait à ce qu’ils prennent le sous-préfet en otage », rapporte un habitant sous anonymat.
Une prise d’otage aux lourdes implications
La séquestration d’un représentant de l’État par des civils est un acte d’une gravité exceptionnelle. Elle traduit une perte de confiance profonde envers les autorités, mais également un désespoir face à des décisions perçues comme imposées et injustes. Pour le moment, les forces de sécurité ont été mobilisées dans la zone afin de contenir toute escalade. Des tentatives de dialogue sont en cours, mais les négociations s’annoncent difficiles dans un climat aussi chargé d’émotions et de méfiance.
Un symbole d’un malaise plus large
Cet incident à Kalfou illustre plus largement le fossé qui semble se creuser entre l’administration centrale et certaines communautés rurales du Cameroun. Dans ces zones parfois oubliées du développement, chaque décision prise « d’en haut » sans concertation est vécue comme une agression. La situation à Kalfou rappelle à quel point le dialogue et l’écoute sont essentiels dans la gestion des affaires locales.










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