Maurice Kamto contre la presse : Le CNC reporte l’examen de sa plainte contre neuf journalistes
- wilfriedfrancky
- 20 mars 2025
- 3 min de lecture
Une plainte qui fait du bruit

Le professeur Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a récemment saisi le Conseil National de la Communication (CNC) à travers une plainte déposée le 14 mars 2025. Cette plainte vise neuf journalistes exerçant à Yaoundé, accusés d’avoir relayé des allégations selon lesquelles le leader du MRC aurait incité la Brigade Anti-Sardinards (BAS) à s’en prendre physiquement au ministre camerounais Monuna Foutsou lors d’un événement à Bruxelles.

Ces publications, largement diffusées dans la presse et sur les réseaux sociaux, ont présenté ces accusations comme des faits avérés, sans qu’aucune enquête judiciaire n’ait été menée pour les étayer. Face à ce qu’il considère comme une campagne de diffamation et un grave manquement aux règles déontologiques du journalisme, Maurice Kamto a choisi de porter l’affaire devant l’organe de régulation des médias au Cameroun.
Le CNC reporte son verdict

Dans un communiqué publié le 20 mars 2025 par les avocats du MRC, il est précisé que le CNC a bien reçu la plainte, mais qu’il ne l’examinera pas immédiatement. L’institution a invoqué un manque de temps pour permettre aux journalistes incriminés de préparer leur défense avant la session du 19 mars. Par conséquent, l’étude du dossier a été reportée à une session ultérieure.
Selon la correspondance officielle du président du CNC, la plainte ayant été déposée le vendredi 14 mars à 17h, il était matériellement impossible pour les mis en cause de bénéficier des deux jours ouvrables (lundi et mardi) pour préparer leur argumentaire avant la réunion prévue le mercredi 19 mars.
Le droit de réponse, une alternative proposée
Face à cette situation, le CNC a conseillé aux plaignants d’user du droit de réponse, tel que prévu par l’article 53(1) de la loi n° 90/052 du 19 décembre 1990 régissant la communication sociale au Cameroun. Cette disposition permet à une personne mise en cause dans un article de presse de demander la publication d’un rectificatif ou d’une clarification dans les mêmes colonnes.
Toutefois, les avocats du MRC estiment que cette solution est inadaptée, voire insuffisante, pour réparer le préjudice causé. Selon eux, le droit de réponse ne saurait se substituer aux autres mécanismes légaux permettant de sanctionner les fautes professionnelles et les dérives journalistiques. C’est pourquoi ils ont insisté sur la nécessité de clarifier les procédures internes du CNC en matière de traitement des plaintes.
Les attentes autour du règlement de procédure du CNC
Dans leur réponse officielle datée du 19 mars 2025, les avocats de Maurice Kamto et du MRC ont également exigé la communication du règlement de procédure du CNC concernant l’examen des plaintes. Pour eux, il est essentiel que ces règles soient rendues publiques afin de garantir la transparence et l’équité des décisions prises par l’instance de régulation.
Ils estiment que le respect des principes de bonne gouvernance et d’un procès équitable doit être au cœur du fonctionnement du CNC, d’autant plus que l’affaire en question touche à la crédibilité du paysage médiatique camerounais et aux droits des personnalités publiques accusées sans preuves.
Une affaire qui reste ouverte
En attendant la prochaine session du CNC, l’affaire reste en suspens. La question demeure : le Conseil National de la Communication prendra-t-il des sanctions contre les journalistes concernés ou la plainte sera-t-elle classée sans suite ? D’ici là, le débat autour de la responsabilité des médias dans le traitement de l’information continue d’alimenter les discussions dans l’espace public camerounais.










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