Couronné à 16 ans : Le destin hors du commun du plus jeune roi du Cameroun
- wilfriedfrancky
- 23 avr. 2025
- 2 min de lecture
Dans le village Babone, près de Bafang à l’Ouest du Cameroun, l’histoire a pris un tournant inédit. Un jeune lycéen, encore en terminale, a été propulsé sur le trône, succédant à son père défunt. Une intronisation qui réunit tradition, émotion et interrogation.

Un héritier inattendu pour perpétuer la lignée royale
Le samedi 19 avril 2025 restera gravé dans les mémoires du peuple Bamiléké. À seulement 16 ans, Chualieu Tchualieu Motho Vianney, élève en classe de terminale, a été intronisé roi du village Babone, situé à environ 3 kilomètres de Bafang. Il succède à son père, Sa Majesté Tchualieu II Fansi Théodore, décédé fin 2024 après 37 ans de règne.
Une cérémonie historique devant plus de 10 000 personnes
La cérémonie d’intronisation a rassemblé une foule impressionnante de plus de 10 000 personnes : villageois, notables, autorités administratives, touristes, membres de la diaspora… Tous venus célébrer un moment historique, empreint de solennité, de rituels et d’émotions. Présidée par le préfet du Haut-Nkam, cette cérémonie a redonné vie à un pan important de l’héritage culturel camerounais.
Une succession entourée de mystères et de révélations
Le choix du nouveau roi n’a pas été improvisé. Selon la tradition, les neuf notables du royaume, réunis sous la supervision du préfet et de dignitaires d’autres villages Bamiléké, ont scrupuleusement examiné les testaments laissés par le roi défunt. Trois documents distincts ont confirmé un seul nom : Vianney. Chaque document contenait des éléments concordants — photo, acte de naissance, lettre — désignant clairement l’adolescent comme le successeur légitime.
« L’identité du roi ne fait aucun doute. Nous l’avons reconnu et arrêté immédiatement parmi ses frères lors des funérailles », a révélé Ndia Ze Menden, le premier notable.

Les avertissements des sages : la volonté du roi défunt est sacrée
Le respect de la volonté du roi défunt a été au cœur des préoccupations. Sa Majesté Ngassa Happi, beau-frère du royaume, a mis en garde :
« Changer la volonté d’un Roi, c’est attirer sur soi la malédiction. Qui renie le dernier mot d’un souverain verra le sien piétiné à son tour. »
Le roi des Batié a pour sa part dénoncé la marchandisation des successions royales et le déclin des valeurs dans les chefferies traditionnelles.
Une initiation stricte dans le secret du La’akam
Conformément aux rituels ancestraux, le jeune roi est actuellement en période d’initiation au La’akam, sanctuaire sacré inaccessible au public. Il y recevra les enseignements royaux, accompagné de jeunes filles choisies par les notables. La tradition veut que le roi ne puisse en sortir qu’après confirmation qu’il a engendré un enfant, preuve de sa fertilité et de sa légitimité spirituelle.
Cette phase dure généralement neuf semaines et constitue une étape cruciale du processus d’intronisation.
Roi et élève : un équilibre fragile entre couronne et études
La désignation d’un roi aussi jeune suscite fascination et inquiétude. Comment concilier les devoirs royaux avec les exigences scolaires d’un lycéen ? Cette question reste en suspens. Le cas de Vianney incarne le choc entre modernité et tradition, et interroge sur la capacité des institutions coutumières à s’adapter à une société en mutation.










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