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Cosmétiques au romarin

Tchoudim : Le bras de fer explosif entre le président du Sénat et le chef Bangangté

UNE CHEFFERIE QUI MET LE FEU AUX POUDRES



Dans le Ndé, un affrontement discret mais explosif se joue entre deux figures majeures : Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, et Sa Majesté Nji Monluh Seidou Pokam, chef supérieur des Bangangté. Au centre du conflit : la création controversée d’une chefferie à Tchoudim, décidée unilatéralement par le sénateur.

UNE INSTALLATION IMPOSEE MALGRE LES MISES EN GARDE

 Contre les avertissements du ministère de l’Administration territoriale évoquant des « risques d’atteinte à l’ordre public », Marcel Niat maintient la cérémonie d’installation du chef nouvellement désigné au 31 mai. Ce geste est perçu comme un acte de défiance envers l’autorité traditionnelle.

UNE ACCAPARATION FONCIÈRE DÉNONCÉE

Selon le site PanoramaPapers, le président du Sénat aurait acquis près de 1 500 hectares à Tchoudim. Cette acquisition massive aurait été facilitée par des manœuvres administratives et judiciaires, réduisant les propriétaires locaux au silence. Pour certains, la nouvelle chefferie n’est qu’un paravent destiné à légitimer cette mainmise sur les terres.

LE CHEF BANGANGTÉ CONTRE-ATTAQUE

Furieux, le chef supérieur des Bangangté a saisi les autorités. Dans une lettre adressée au préfet du Ndé, il rappelle les « réserves expresses » du ministre Paul Atanga Nji, qui avait exigé une médiation entre les parties. Ignorée, cette recommandation accentue les tensions.

« Nous ne laisserons pas confisquer nos terres », déclare Sa Majesté, soutenu par une population prête à se mobiliser physiquement pour défendre leur territoire. Les notables locaux dénoncent une « forfaiture » orchestrée par une élite se croyant intouchable.

UNE ADMINISTRATION AUX ABONNÉS ABSENTS

Malgré l'escalade, l’État reste silencieux. Le ministre Atanga Nji, pourtant informé de la situation, n’a pris aucune mesure pour empêcher la cérémonie. Un haut fonctionnaire du département s’interroge : « Qui osera s’opposer à un président du Sénat ? »

Pendant ce temps, les recours des propriétaires spoliés sont systématiquement rejetés ou bloqués. Cette inaction de l’administration nourrit un profond sentiment d’injustice au sein de la population locale.

UNE CRISE QUI DÉPASSE TCHOUNDIM

Au-delà du conflit local, cette affaire révèle un phénomène plus large : la confiscation du pouvoir foncier par des élites politiques. En créant une chefferie sans l’aval de l’autorité traditionnelle, Marcel Niat Njifenji est accusé d’instaurer un féodalisme moderne, où la coutume est balayée par les ambitions personnelles.

« Si un président du Sénat peut créer des chefferies sur des terres contestées, que reste-t-il de nos traditions ? », s’insurge un ancien du village.

LE COMPTE À REBOURS EST LANCÉ

À quelques jours de la cérémonie prévue à Tchoudim, la tension est à son comble. Le chef Bangangté avertit : toute tentative d’installation forcée pourrait déclencher des troubles graves. Des jeunes disent être prêts à bloquer les accès au village, en guise de résistance.

Face à cette poudrière, l’État doit trancher : préserver la paix sociale ou protéger les intérêts de ses puissants alliés politiques.

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